La chapelle de Faubouloin et les sources sacrées

La chapelle de Faubouloin, Notre-Dame-de-Grâce ou Notre-Dame du Frêne, un haut lieu du Morvan.

Cette chapelle a été bâtie dans la forêt des Coues, sur un petit plateau à une altitude de 520 m, près de Corancy, dans la Nièvre. Elle fait face à l’éperon barré du Fou de Verdun et surplombe la confluence des ruisseaux de la Montagne et de Griveau qui forment alors l’Houssière.

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Orientée nord-est/sud-ouest, elle a la forme d’un rectangle de 20 m sur 7 m et dispose d’un toit d’ardoises surmonté d’un clocheton.
La partie nord-est de la chapelle, vraisemblablement la plus ancienne, accueille un autel de 6,50 m de long, et est constituée de murs de 1 m d’épaisseur avec un rentrant interne qui forment une séparation avec le reste du bâtiment. Le chevet présente par ailleurs les traces d’une fenêtre qui fut murée.
L’autre partie de la chapelle, plus récente, est constituée de murs épais de 60 cm et le pignon sud-ouest est percée de la porte principale en plein cintre.
La façade est possède également une petite porte en plein cintre disposant d’un encadrement de granit taillé.Chaque façade est dotée d’une petite fenêtre.

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Le lieu où est édifié la Chapelle est un lieu magique, un lieu ou s’exprime pleinement l’âme du Morvan avec trois sources sacrées, où, avant la vénération de Marie, on vénérait le culte de la déesse de la fécondation Cybèle qui résidait sur des sites naturels où les montagnes, les forêts et les sources se rencontrent.

« Le site de Faubouloin devait être aux temps anciens un lieu de culte défensif. La toponymie nous apprend qu’ici se trouve l’endroit du frêne de Belen : fau, ou fou, le hêtre en patois local, et bouloin, le dieu Belen. Il existe d’autres oppidums alentours, entourés de murailles de pierres et de fossés, dont un de l’autre côté de la gorge, l’éperon barré du Fou de Verdun (Verdunum, le haut-lieu, le lieu qui domine), lié à Faubouloin. L’arbre sacré, le Fou de Verdun, replanté de génération en génération, marquait l’entrée de l’oppidum. »
source http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/2013/06/28/27524414.html

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L’éperon barré du Fou de Verdun

La chapelle actuelle aurait été construite en 1558 sur une pierre druidique consacrée à « Trois Dames Sœurs ».

Pour le choix du lieu, selon la légende, on aurait eu recours au rite du « jet du marteau » que l’on retrouve à l’origine de nombreuses constructions d’églises très anciennes.

La chapelle de Faubouloin fut un important site de pèlerinage, jusqu’au début du xixe siècle, à l’occasion du lundi de Pâques et du 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Marie.Durant la Première Guerre mondiale, on a constaté que quelques centaines de fidèles se rendaient encore à ces pèlerinages. De nos jours, une messe est encore célébrée chaque 15 août, fête de l’Assomption de Marie.

Cette chapelle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1943.

On trouve 3 sources à proximité de la chapelle  : la fontaine Sainte-Marie, la fontaine Sainte-Marguerite et la fontaine du Frêne. On leur attribue à toutes trois un pouvoir de guérison.
L’évocation de trois « dames » rappelle  le souvenir d’un culte topique à des déesses-mères celtiques, ces trois dames se retrouvant dans les trois fontaines auxquelles on se rendait, avant ou après les prières à la chapelle, pour des ablutions ou pour boire de l’eau.

Les trois fontaines avaient trois fonctions différentes :

La fontaine Sainte-Marie
C’est la fontaine la plus proche de la chapelle.Elle est située au Nord-Ouest de la chapelle dans un amas de rochers en amorçant la descente sur l’Oussière.

On lui prête un pouvoir divinatoire au sujet de la guérison d’un enfant. Les femmes devaient y jeter un petit vêtement (un bonnet, un mouchoir ou une chemise). S’il coulait, il fallait attendre une issue fatale, mais s’il surnageait, la guérison était proche.
Les femmes pouvaient aussi demander la protection des animaux domestiques en procédant à une offrande, notamment de la laine pour guérir des moutons, ou un gâteau de cire et de miel pour rappeler les abeilles.

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Les mères d’enfants malades venaient consulter la source sainte Marie comme un oracle, les habitants des paroisses voisines venaient en procession implorer Notre-Dame pour y demander la pluie et ou la fin d’une calamité ainsi que la protection des animaux domestiques.

La fontaine Sainte-Marguerite
On y prête également des vertus de guérison, notamment des bitous, personnes atteintes de maux à la bouche (stomatites) ou aux yeux (conjonctivites),en morvandiau, des bavous (personnes atteintes d’hypersialorrhée ou de stomatite, en morvandiau) et des animaux.

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La fontaine Sainte-Marguerite apportait la protection des femmes enceintes et de leur enfant à naître.

La source du Frêne Sacré est située au Sud-Ouest de la chapelle, un peu plus loin que les deux précédentes (à environ 700 mètres).
Comme son nom l’indique, elle est à peine christianisée et associe le culte de l’arbre et de l’eau et procure un mari dans l’année aux jeunes filles.Cette source était également consacrée au culte de la fécondité, fécondité humaine et fécondité du sol.

fontaine du Frêne

« La fontaine du Frêne, la plus puissante des trois sœurs, se mérite. Située plus loin de la chapelle, difficile à trouver, elle est à peine christianisée comme son nom l’indique. Cette fois, l’eau miraculeuse prend les fonctions de guérison de toutes les maladies, de fécondité des terres, des animaux et des gens. »

Elle garantissait le mariage des jeunes filles et la fécondité des femmes. Il suffisait alors de boire de son eau puis de planter, dans le frêne voisin, une épingle, une feuille de houx ou un clou. La légende dit qu’on aurait trouvé la statue de l’une des trois dames dans le tronc de cet arbre.Un sondage effectué a permis d’y trouver une coupe en céramique noire d’époque gallo-romaine, preuve de sa fréquentation très ancienne.

« Le frêne n’existe plus, il est donc remplacé à l’heure actuelle par un chêne qui pousse un peu plus bas. Car soyez sûrs qu’encore de nos jours le rituel se pratique. »

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Il existe une quatrième fontaine assez difficile à trouver.

Légendes sur l’origine de la chapelle :
Une des légendes raconte que des bûcherons ont découvert dans le creux d’un frêne, une statuette de la Vierge et qu’ils décidèrent de la porter en l’église de Corancy, à quelques kilomètres de là. S’apercevant le lendemain qu’elle avait disparu, les habitants du village la cherchèrent et la retrouvèrent à l’endroit où elle avait été trouvée la veille. On décida de l’emmener solennellement en charrette, mais l’attelage refusa d’avancer. La statue s’adossa finalement d’elle-même contre un rocher sur lequel on construisit la chapelle.

Une variante prétend qu’un paysan conduisait ses bêtes à travers la forêt et s’aperçut que l’une d’elles refusait d’avancer et restait immobile devant un frêne. Le paysan découvrit dans celui-ci la statue de Notre-Dame-du-Frêne. On voulut alors la déplacer dans l’église de Corancy, mais à mesure qu’on s’éloignait de l’arbre, la statue devenait si lourde que les bœufs n’ont pas pu continuer à traîner la charrette. On laissa alors la statuette dans la forêt et on construisit une chapelle à cet endroit.

Autres légendes
« Certains disent qu’un mégalithe se trouvait planté en ce lieu, pierre druidique consacrée à trois dames sœurs. C’est certainement la transposition d’un culte ancien dédié aux Mâtres : aussi appelées matrae ou encore matrones, les Mâtres étaient des déesses mères protectrices, symboles de la fécondité. Elles étaient représentées par groupe de trois. Elles tenaient sur leurs genoux des fruits dans une corbeille ou une corne d’abondance, ou bien elles versaient sur la terre le contenu d’une patère ou coupe. Parfois, l’une d’entre elles portait dans son giron un nourrisson qu’elle allaitait.

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Puis vint le christianisme et la légende de l’âne de saint Martin qui aurait sauté de l’un à l’autre des éperons barrés de Faubouloin et de Verdun. La présence de Martin, lié à la destruction des lieux druidiques et des mégalithes, prouve encore une fois que se tenait là quelques pierres levées. »

Une autre légende prétend qu’en remplissant une bouteille avec les eaux de ces sources, à raison d’un tiers par source, et en faisant ensuite congeler cette bouteille, on peut y apercevoir la Vierge Marie.

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Quoi qu’il en soit, force est de constater, une fois encore que les lieux sacrés ou Hauts lieux sont toujours implantés aux endroits propices , en l’occurence au croisement de lignes énergétiques où s’allient le magique et le sacré, la Terre et Le Ciel. C’est en ces lieux que peuvent se produire, car elles y sont grandement facilitées, les noces alchimiques.

Cette union est inscrite en lettres énergétiques dans l’entrelacement des deux triangles :

1

 

Pour les amateurs de randonnée :
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