L’église Saint-Pierre de Mons

Entourée de son joli cimetière, l’église Saint Pierre de Mons (commune de Belin-Beliet en Gironde) est l’un des monuments les plus attachants des Landes girondines.

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Elle fut, au Moyen-Age, une étape importante pour les nombreux pèlerins qui empruntaient la « Voie de Tours » pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle se consacra à l’accueil des pèlerins, apportant réconfort aux voyageurs épuisés avant la traversée des Landes tant redoutée.

L’édifice est ancien comme le confirment les murs de l’abside et la nef construits en moellons de petit appareil, blocs de grès ferrugineux (pierre de fer ou alios ou garluche), caractéristiques de la fin du XIème siècle.

Au début du XIIème siècle, l’abside reçoit un voûtement en cul-de-four et au XIVème siècle le portail de l’église est établi.

Au XVème siècle, la nef est renforcée de contreforts gothiques et percée de nouvelles baies. Puis, une tour avec un étage voué à la défense (comme en atteste l’organisation de son niveau supérieur) est construite à l’Ouest de la nef ; cette dernière est agrandie d’un bas-côté Sud.

Au XIXème siècle, la nef et la façade occidentale sont reconstruites presque en totalité.

Le décor sculpté roman prend place sur les six chapiteaux de l’abside. On y reconnaît notamment des tiges entrelacées, des oiseaux picorant une grappe… L’église possède de remarquables pièces de sculptures sur bois très anciennes : il s’agit d’un crucifix en bois polychrome du XVème siècle, d’un Saint Jean l’Evangéliste de la fin du XVème siècle, d’une Vierge tenant l’Enfant Jésus du XVIIIème siècle, trônant au centre d’un beau retable du XVIIème siècle.

statue-de-saint-jean-détail-avec-le-calice-et-son-diablotin-qui-en-sort-église-saint-pierre-de-mons-à-belin-beliet-girondeSaint Jean l’évangéliste

Cette église est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis le 2 juillet 1987. Elle est ouverte aux visiteurs du 1er juillet au 31 août.

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La légende dit que Charlemagne y aurait déposé les corps des compagnons de Roland morts à Ronceveaux.

Le pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle va amener du XIème au XVIIIème siècles, des cohortes nombreuses de pèlerins. Ainsi dans le « Liber Sancti Jacobi » ou « Codex Calixtinus » (livre rédigé dans la première moitié du XIIème siècle pour servir la gloire de Saint Jacques et de l’Eglise de Compostelle) et plus précisément dans la 5ème partie de l’ouvrage appelée « guide du pèlerine de St Jacques de Compostelle », on apprend que l’une des voies les plus fréquentées par les pèlerins allant en Galice (la via turonensis) traversait le pays.

Le « Guide du Pèlerin » localisait, dans la petite ville de Belin, les tombeaux de quelques uns, parmi les plus grands, des compagnons de Roland, héros malheureux de la bataille de Roncevaux. Les termes du « Guide » sont particulièrement précis : « De même dans les Landes de Bordeaux, dans une petite ville appelée Belin, on doit rendre visite aux corps des saints martyrs Olivier, Gondebaud roi de Frise, Ogier roi de Dacie, Arastain roi de Bretagne, Garin Duc de Lorraine et de bien d’autres compagnons d’armes de Charlemagne qui, après avoir vaincu les armées païennes, furent massacrés en Espagne pour la foi du Christ. Leurs compagnons rapportèrent leurs corps précieux jusqu’à Belin et les y ensevelirent avec beaucoup d’égards. C’est là qu’ils gisent tous ensembles dans un même tombeau. Un parfum très doux en émane qui guérit les malades. »

Cette « publicité » sensationnelle fit de l’étape de Belin-Beliet un lieu de passage d’exception.

En fait, beaucoup de mystères planent autour de ce lieu saint…

Et pour les cinéphiles, c’est dans l’église de Saint Pierre de Mons qu’a été tournée la scène de l’enterrement dans le film de Guillaume Canet « Les Petits Mouchoirs ».

Les alentours de ce monument laissent voir la fontaine miraculeuse St Clair, une croix ancienne en pierre dans le cimetière et un mystérieux obélisque.

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La fontaine Saint Clair leur offrait aux pèlerins l’occasion de faire provision d’eau avant la traversée du désert de sable que pouvait être les Landes de Gascogne. Cette fontaine miraculeuse est réputée pour soigner les maux des yeux (saint Clair). Chaque 1er juin, s’y tient un pèlerinage fréquenté. La fontaine est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis le 9 janvier 1990.

 

la-fontaine-saint-clair-à-mons-belin-beliet-girondeintérieur fontaine st Clairl’intérieur de la fontaine Saint Clair

Le site recèle également une pierre levée à l’origine mystérieuse. A demi enterrée, à l’extérieur et derrière le chœur de l’église, cette pierre attise la curiosité. En effet, elle ne provient pas de la région et son origine comme sa fonction restent indéterminées.

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La configuration est voisine de celle de la basilique Notre Dame de Peyragude :

 

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