Le site troglodytique de Couteaux

Situées au-dessus du village de Couteaux, sur la commune de Lantriac en Haute-Loire, les grottes, taillées au Moyen-âge (XIIè siècle) dans la roche volcanique, ont été habitées jusqu’à une époque très récente.

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Les cavités ont été creusées sous une ancienne coulée de lave et sont organisées en réseau troglodyte.

grottes-de-couteaux-dsc_3541_178Les grottes de Couteaux ont ceci de particulier qu’elles continuent d’alimenter encore des recherches: une des dernières thèses serait que ce village troglodytique, très prisé des visiteurs, constituait un lieu cultuel, comme en attestent les nombreuses cavités et gravures.

grottes-de-couteaux-dsc_3551_180René Mestre, dans son dernier ouvrage (guide de la France mystérieuse, édition Payot 2011) évoque un sanctuaire situé dans la zone centrale du village avec une chapelle, une crypte et une grande salle de réunion: «cet ensemble se distingue du reste par le grand volume des salles et surtout par une technique de taille plus élaborée avec moulures, gravures et aménagements divers faisant penser à l’œuvre des compagnons. La chapelle est formée de deux espaces carrés, séparés par les traces d’un ancien jubé, avec voûte taillée en bâtière écrasée. On peut observer sur la paroi ouest, taillée en creux, une cathèdre très simple surmontée d’une croix ainsi qu’une gravure profonde qui représenterait un orant grandeur nature avec des palmes. Cette salle pourrait être un lieu de culte sinon pré-chrétien du moins très ancien». (…)

Jean-René Mestre évoque une salle solaire d’une bonne soixantaine de mètres carrés dont l’accès se fait par un escalier taillé en réserve. Elle servait auparavant de lieu de réunion cultuelle: «une ouverture dans le pendentif de l’entrée laisse en effet passer un rayon de soleil qui balaie la paroi au fond de la grotte. Sur cette paroi est gravé un repère évoquant la silhouette triangulaire de la vierge noire. Les dates repérées encadrent, d’après les spécialistes qui l’ont étudiée, le solstice d’hiver et se rapprochent de Samain (novembre) Avent et d’Imbolc (février)- chandeleur», explique l’auteur du guide de la France mystérieuse. Ne trouve-t-on pas  des fosses rectangulaires en forme de sarcophage creusées dans le sol ? Au plafond, André Fromant avait repéré la gravure d’un géant tenant un maillet, seulement visible en hiver par une lumière rasante au coucher du soleil. (…)

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 Une légende prétend que la première grotte est abandonnée depuis cinq siècles et qu’elle était habitée par des fées : «en 1979, André Fromant avait trouvé un chat mâle pendu devant l’entrée par un vieux paysan, ceci afin d’ôter le maléfice qui touchait son troupeau», indique M. Mestre qui ajoute: «au dessus de la grotte une croix en phonolite marquait la limite entre le territoire des hommes et celui des fées et des esprits. Dans l’entrée, une grosse pierre noire a des pouvoirs guérisseurs. Selon les anciens du village, il suffit de s’y asseoir pour ressentir une énergie et la guérison est proche» (…)

Cela évoque la « Pierre des fièvres ou Pierre des apparitions » de la cathédrale du Puy à laquelle le site troglodytique est directement lié (cf image ci-dessous) :
« La Pierre aux Fièvres est à l’origine de la construction de la cathédrale et proviendrait d’un dolmen dont elle tenait lieu de table.
L’abbé Chanai nous en raconte l’histoire. Au IIIe siècle, une femme veuve, souffrant de fièvre maligne vint, sur l’ordre de la Vierge, se coucher sur cette dalle et se releva guérie. Saint Georges du Velay, premier évêque du Velay, prévenu de ce miracle, serait alors venu de Saint-Paulien, son siège épiscopal, pour voir cette pierre. Quoiqu’on fût au mois de juillet, il la trouva recouverte d’une épaisse couche de neige, sur laquelle un cerf aurait, en courant, tracé le plan d’un sanctuaire. Ne pouvant édifier l’église immédiatement, le prélat fit entourer ce dessin d’une haie d’épines sèches, qui, le lendemain, fut trouvée toute fleurie.

Le temps passa, puis une autre guérison miraculeuse eut lieu dans des conditions identiques, un paralytique étendu sur la table miraculeuse se releva guéri, et la Vierge renouvela son souhait. L’évêque de l’époque, Vosy, s’en fut alors à Rome pour obtenir du pape l’autorisation de construire une basilique sur ce rocher indiqué par la Vierge, à l’emplacement d’un sanctuaire païen, et de transférer son siège épiscopal sur le mont sacré. Scutaire, sénateur et architecte romain, aurait été chargé par le Saint Père de la construction. L’église achevée, l’évêque et son adjoint se dirigèrent de nouveau vers Rome afin d’en obtenir la consécration. En chemin, deux vieillards leur conseillèrent de retourner d’où ils venaient, les chargèrent de reliques et disparurent sur ces mots : « Nous vous précédons et vaquerons à tout. » Quand Vosy et Scutaire arrivèrent à Anis, ils trouvèrent leur église baignée d’une lumière irréelle et les cloches animées par des êtres invisibles. La dédicace de la première église du Puy fut l’œuvre des anges, dit-on ; pour cette raison, elle fut appelée chambre angélique. Telle serait, selon la légende, l’origine de ce sanctuaire et la raison pour laquelle cette pierre est exposée sous le porche.

Le Puy-en-Velay est, avec Chartres, le plus ancien sanctuaire marial de la Gaule chrétienne. On a retrouvé sous le pavé du chœur les fondations de cette première église qui mesurait 12 m × 24 m. De nos jours encore, des pèlerins s’allongent sur la pierre pour en recevoir les bienfaits. »

La vierge noire symbolisée sur la paroi d’une des grottes fait elle aussi écho à celle du Puy en Velay.

1On voit ce lien direct avec La cathédrale du Puy (ligne rouge). Plusieurs églises et chapelles sont également reliées au site troglodytique : l’église de Laussonne en continuité de la ligne du Puy (et au centre du croisement énergétique voisin), l’église de St Etienne-Lardeyrol, l’église de Chaspuzac (ces deux dernières étant également au centre de configurations voisines comme on peut le voir sur la carte) ainsi que la remarquable petite chapelle de la Croix de l’étoile qui est reliée à la cathédrale du Puy et à l’église de Chaspuzac.

 

chapelle croix de l'étoile 2La chapelle de la Croix de l’étoile

J’ai isolé une ligne particulière qui passe par cette chapelle : on voit le lien avec l’église de Grandval, la cathédrale de Bourges et la Basilique Notre Dame de Cléry.

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église de LaussonneL’église de Laussonne

église st etienne-LardeyrolL’église de st Etienne de Lardeyrol

Le site du Puy fait partie d’un autre réseau où s’inscrivent également par exemple Orcival, Rocamadour, Izieux (Saint- Chamond). Ce réseau n’est pas représenté ici pour plus de lisibilité.

À noter : Le site troglodytique de Couteaux est valorisé par l’aménagement  de 3 circuits.
Il peut se visiter librement tous les jours.

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